L'ATELIER DES DEUX SAINTS JEAN, 
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- Exposition 2004 à Aubergenville (78)

- Exposition en décembre 2002 au centre Culturel Franco Japonais à Paris

- Participation au Festival d'Art Sacré 2002 d'Orléans
Cathédrale d'Orléans
 
 
 

Texte d'accompagnement de notre présentation

L'Icône, un Art Sacré Vivant
 
L'Icône, envisagée depuis l'origine comme un des éléments constitutif de la foi chrétienne et intégrée (dans l'orthodoxie) aux divers rituels par la vénération, souligne par là-même la sacralité de cette discipline.
Lorsque nous signifions "Art sacré vivant", nous exprimons l'absolue nécessité d'une transmission régulière et fidèle au même titre que le chant liturgique et le sacerdoce. Et c'est très exactement ce qui nous permet de qualifier cet Art sacré de "discipline". Du reste, nous ne voyons pas comment dissocier l'un de l'autre sinon par le biais d'une incompréhension de ce qui est d'ordre spirituel.

Quant à la réflexion qui consiste à supposer qu'un Art aussi ancien que l'iconographie ne correspond pas à la sensibilité de notre époque, nous répondrons que les évangiles et la bible même sont des textes d'un passé encore plus lointain et aux antipodes de la sensibilité contemporaine. Pourtant, "aime ton prochain comme toi-même", nous semble bien d'une éternelle actualité.

Si Jésus-Christ nous dit qu'il n'est pas venu changer les écritures, l'iconographe encore moins ; d'où cette prière transmise par les Maîtres : « Seigneur, Maître Divin de l'univers, illumine l'âme, le coeur et l'esprit de ton serviteur, guide sa main afin que pour ta gloire et la beauté de ta sainte église, elle puisse représenter d'une manière parfaite et digne ton icône sacrée, celle de ta mère très pure et celle de tous les saints. Sauve-le de toute tentation du démon et pardonne les péchés de ceux qui, en vénérant ces Icônes rendront hommage au modèle qui est dans les cieux » ...

L'Art sacré, par nature, se situe dans un temps qui n'est pas celui du "monde", et pour nous, chrétiens, il puise jusque dans sa Forme, à Sa source, Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même et par l'Esprit Saint, au Père. Il réflèchit ce qui est en haut, non ce qui est en bas.

La Grande Tradition de l'Icône est en elle-même dépositaire d'une connaissance immuable et éternelle. Les clés dont les Maîtres sont les garants, s'offrent à nous, si nous le voulons. Les portes qu'elles permettent d'ouvrir figurent comme autant de voiles qui tombent et découvrent chacun un aspect de cette Vérité à laquelle il est fait allusion à propos "d'orthodoxie"et "d'universalité" (catholique). Ainsi le cheminement spirituel individuel trouve un champ d'expérimentation et de réalisation et permet à chaque fidèle, par la vénération de "rendre hommage au modèle qui est dans les cieux" comme le dit la prière de l'iconographe. À chacun d'en faire l'usage qu'il convient. Nous voyons que nous sommes bien loin d'une approche artistique contemporaine.

« Les historiens de l'art, qui appliquent le terme d'art sacré" à n'importe quelle oeuvre artistique à sujet religieux, oublient que l'art est essentiellement forme ; pour qu'un art puisse être appelé "sacré", il ne suffit pas que ses sujets dérivent d'une vérité spirituelle, il faut aussi que son langage formel témoigne de la même source. Tel n'est nullement le cas de l'art religieux comme celui de la Renaissance ou du Baroque, qui ne se distingue en rien, au point de vue du style, de l'art foncièrement profane de cette époque ; ni les sujets qu'il emprunte, d'une manière tout extérieure et en quelque sorte littéraire, à la religion, ni les sentiments dévotionnels dont il s'imprègne, le cas échéant, ni même la noblesse d'âme qui s'y exprime parfois, ne suffit pour lui conférer un caractère sacré. Seul un art dont les formes mêmes reflètent la vision spirituelle propre à une religion donnée, mérite cette épithète ... » (Titus Burckhardt)

Faisant nôtre cette citation, que dire de l'art contemporain dont la forme reste, par nature, subjective, expression exclusive de l'ego donc définitivement psychique et profane, quelqu'en soit l'intérêt esthétique !

Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende !

 
Alain Dufourcq

 

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