L'ATELIER DES DEUX SAINTS JEAN, 
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« Faites cela en mémoire de moi »
ou : des rites, des symboles
et de la fonction ontologique
de la discipline sacrée
 
Nous avions exprimé, en conclusion de "la non perspective dans l'iconographie" la nécessité d'aller plus loin dans l'étude de certains aspects de la représentation iconographique. Il était question des éléments d'architecture.
En préambule à cette réflexion les remarques qui suivent s'imposent.
Il ne fait, fort heureusement, aucun doute que l'on peut envisager l'Icône selon sa dimension strictement religieuse, voire psychologique au sens le plus élevé, c'est-à-dire en rapport avec tout ce qui concerne "l'anima" l'âme. Et c'est déjà beaucoup. Nous devons préciser ce point parce que si cela peut paraître à beaucoup comme un "truisme", pour d'autres le doute persiste quant à l'actualité, la permanence de cette discipline, sa fonction ontologique, sans parler de la légitimité de sa vénération. D'autre part, certains chrétiens pensent, aujourd'hui plus que jamais, que l'Icône est une des expressions - de la représentation religieuse - parmi d'autres, y compris certaines formes d'art contemporain. Les raisons de cette étrange et récente appropriation de l'Icône et de sa dilution dans un ensemble incohérent complété par la référence sans cesse réaffirmée à l'église indivise ... seraient intéressantes à décrypter ... mais ... il y a mieux à faire.
 
L'athanor de l'iconographe
Présenter le travail de l'iconographe impose de l'envisager, bien entendu, sous l'angle technique. Mais limiter son enseignement à ce seul point de vue est restrictif et peut laisser penser que cette discipline n'est qu'une succession d'étapes plus où moins "normalisées" qu'on doit respecter aveuglément. Nous dirions même que s'en tenir simplement à un développement stictement théologique ne permet pas d'en percevoir la voie de réalisation spirituelle particulière.
Il nous apparaît donc plus opportun de faire entrer l'étudiant dans l'intimité de "l'athanor de l'iconographe".
Qu'est-ce que cela signifie ?
L'athanor était le "laboratoire" de l'alchimiste* envisagé dans sa globalité ; les instruments, matériaux, alambics et fours tout autant que le sens profond et symbolique de chacun de ces éléments, mais aussi et surtout ... et par conséquent, l'oeuvre qui s'y accomplissait.
C'est ainsi que la technique iconographique en elle-même recouvre en fait un certain nombre de matériaux et matériels et une succession d'Actes Sacrés qui constituent, avec l'oeuvre réalisée, la globalité de cette "Discipline Spirituelle".
Pour paraphraser Léonard de Vinci nous dirons : "... ce qui m'occupe relève de l'expérience, non de l'élocution".
Certains pensent que l'on ne doit pas dévoiler l'enseignement iconographique ailleurs que sans le cadre de l'atelier. Sans écarter cette opinion, nous ajouterons que de nos jours la prolifération de pseudos-maîtres ayant "pignon sur rue" est telle et la médiocrité de leur production autant que l'indigence de leur enseignement impose une réponse sérieuse.
Nous avons cette légitime prétention d'autant que ce que nous avons reçu ne nous appartient pas. Tout iconographe digne de ce nom se doit aux autres, non par opportunisme, mais par fidèlité à la discipline sacrée. Saint Paul nous enseigne que : "nous n'avons aucun pouvoir contre la vérité, nous n'en avons que pour la vérité".
* est-il besoin de signaler que cette allusion à l'alchimie n'a aucun rapport avec les délires et préjugés contemporains ayant trait à cette science sacrée issue, à l'origine, du monde arabo-musulman et dont nous ne connaissons véritablement plus rien !
 
Copie et Imitation
Évidemment, il est toujours possible de travailler "en aveugle" sans se poser la moindre question où réduire sa réflexion à la simple copie. Le risque en est de figer l'art sacré au plan émotionnel car l'insatisfaction de la reproduction cherche nécessairement une compensation psychique.
Nous avons souvent entendu dire que certaines Icônes peintes de façon approximative étaient malgré tout touchantes et empreintes d'une indéniable spiritualité. Nous n'avons rien à redire à ceci. Il n'appartient à personne de juger de la qualité de la foi de tel ou tel iconographe. Toutefois, pour nous, il ne fait aucun doute qu'envisager l'Icône selon des critères sentimentaux est non seulement réducteur, mais de plus, peut entraîner cette discipline vers ... le bas, c'est-à-dire l'ignorance et finalement l'abandon de la transmission de cette connaissance à laquelle fait allusion Denis de Fourna dans son guide. L'exemple de la peinture dite religieuse en est une dérive des plus significative.
Si ces Icônes mal peintes, ou plutôt mal dessinées, mais touchantes ont été rendues possibles c'est parcequ'il y avait une tradition forte qui constituait la référence et la charpente de cette tradition. Du reste il est intéressant de noter que, presque toujours, les harmonies de couleurs utilisées pour la réalisation de ces Icônes sont justes. Ce n'est pas le cas de celles réalisées (selon une présumée certaine équivalence) de nos jours ...
 
Voici deux exemples qui illustrent bien ce constat.
 
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À gauche, une icône (XVIII ème siècle) dite touchante au dessin approximatif, à l'harmonie pauvre sans erreur grave, mais toutefois convenable. À droite, une icône contemporaine dont l'abus de la palette de couleurs donne une impression pénible d'effets "fluo" et acidulé : ces effets sont distrayants (pour ne pas dire de mauvais goût) et n'invitent certainement pas à la méditation. Cette Icône, dont l'esthétique se retrouve de plus en plus fréquemment dans de nombreux ateliers indique une dérive vers l'illustration et s'éloigne par là-même de la sobriété et de la dignité nécessaires à la contemplation et à la vénération.
(ce qui ne veut pas dire l'emploi de teintes sombres et lourdes)
 
 
Cette dernière observation laisse penser qu'un véritable enseignement fait défaut. Le maître doit "régler" la palette de couleur des élèves et leur apprendre les rapports harmonieux ; tout comme le chef de choeur le fait pour le chant polyphonique. Cependant, il va de soi, que lui-même ait reçu préalablement une formation sérieuse.
Les critères sur lesquels reposent les harmonies de couleurs peuvent s'envisager par simplification de la gamme de pigments et l'appréhension de leurs rapports entre eux. Par exemple une harmonie de couleur dite "acide" doit être écartée, de même qu'une harmonie "froide". Les rapports "contrariés" de couleurs n'ont rien à voir avec des questions de goût et ils entraînent un sentiment pénible qui doit être corrigé. Ce que nous disons de la couleur vaut pour le reste et la comparaison avec la polyphonie explicite bien ce que nous voulons dire. La disonnance utilisée avec subtilité est une chose, chanter faux en est une autre.
 
Bien entendu, le seul chemin à suivre pour comprendre et réaliser l'Icône, en respectant la pluralité des principes esthétiques et spirituels qui la gouvernent, est celui de l'étude intelligente et intuitive (méditation) du symbolisme traditionnel.. Cette étude doit s'effectuer, est-il besoin de le dire, au sein de l'orthodoxie en prenant soin d'écarter les interprètations délirantes de certaines "sciences humaines" dont la démarche se situe aux antipodes de la quête spirituelle.
Ignorer la science sacrée à laquelle fait référence Denis de Fourna n'est certainement pas sage. Masquer la symbolique des couleurs et n'y voir que des questions de goût personnel ou même leurs significations uniquement psychologiques est ... dommage.
 
Dans son guide de la peinture, ce Maître évoque non pas la copie mais l'imitation. On pourrait nous répondre que ce n'est là qu'une question de mots. Mais les mots ont leur sens et leur puissance créatrice. Ils recouvrent une réalité qu'on ne peut travestir aussi facilement qu'on le voudrait. L'iconographe doit avoir conscience que, exception faite de la période d'apprentissage, la copie est absurde et inconvenante.
En revanche, l'imitation en son sens le plus élevé suppose de tendre vers la compréhension : des gestes que l'on pose, et de tous les éléments (attributs, symboles et compositions) qui concourent à la réalisation convenable et juste (orthodoxe) de l'Icône.
Nous irons même jusqu'à dire que cette tension active et créatrice constitue en soi un exercice spirituel, qu'on peut bien entendu nommer prière ou méditation.
 
Si nous insistons sur la connaissance de la symbolique traditionnelle dans le cadre de notre étude c'est qu'il nous semble difficile de l'écarter*. Tout ce qui est mis en oeuvre dans l'orthodoxie affirme cet aspect et la raison en est fort simple :
* quand bien même on nous objecterait que certains l'utilisent à rebours ou de manière "sulfureuse".
 
«...Fondés sur la nature des choses, ils (les symboles) mettent réellement en relation l'être sensible et corporel avec les états supérieurs et donc avec Dieu. L'existence du symbolisme sacré - à travers les arts, les textes, les rites traditionnels - est à l'origine de la distinction entre ce qu'il y a de relativement extérieur, de public, d'évident pour tous dans une tradition, et ce qu'il y a de plus intérieur, de plus caché sous les apparences... » (Jean Hani)
 
Nous exprimerons cette mise en oeuvre comme une "Théâtralisation Sacrée". Cette dernière remarque pourrait susciter sans aucun doute une réflexion sur la liturgie même...
 
Ce détail de l'Icône de Saint Georges
est un magnifique exemple
de ce que nous entendons par "Théâtralisation Sacrée"
 
Sachons toutefois que le "bon usage" de cette symbolique ne peut venir que d'En Haut. Il n'est pas soumis à l'improvisation subjective ; en conséquence, que nous nommions "Révélation" l'origine de notre discipline sacrée et considérions sa transmission fidèle comme un miracle n'a rien qui puisse nous étonner. Certaines traditions extrêmes orientales affirment que le seul miracle digne d'intérêt est ... l'enseignement (la transmission). Affimation que nous pouvons faire nôtre.
Là encore nous y trouvons une raison supplémentaire de nous fondre avec confiance et humilité dans l'orthodoxie.
 
En fin de compte, il y a l'absolue nécessité de partir du principe que toute discipline sacrée authentique repose sur une symbolique traditionnelle universelle. C'est naturellement ce qui lui confère sa dimension spirituelle et sa fonction ontologique. C'est aussi ce qui nous permet de rappeler, une fois de plus, que les questions de sensibilités particulières* ne présentent, non seulement aucun intérêt, mais vont à l'encontre d'une discipline sacrée ; à cause, justement, du caractère universel des principes qu'elle véhicule, mais aussi des diverses formes, couleurs (dont l'or fait partie) et compositions transmises de maître à élève depuis ... l'origine.
* Sensibilités particulières doit s'entendre au sens "individuel". Il n'est pas question ici de sensibilités culturelles. Il est évident que l'appréhension esthétique d'un copte ou d'un étiopien ne sera pas la même que celle d'un grec ou d'un russe. La Vérité s'exprime sous des formes multiples et toujours conforme à la diversité des cultures.
 
... Faites cela en mémoire de moi ...
Cette parole du Christ que l'on ne trouve mentionnée que dans l'évangile de Luc (notre Saint Patron) est, singulièrement, l'axe, le fondement même de toute la démarche spirituelle chrétienne. Ces quelques mots vont "transformer" l'enseignement de Jésus de Nazareth, ce descendant d'Abraham de la lignée de David, ce fils de la Vierge Marie, ce cousin du « Baptiste », en un rituel sacré immuable dont le "schéma" nous est transmis depuis l'origine.
... Faites cela en mémoire de moi ...
Si nous avons du mal à imaginer qu'elle (cette parole) synthétise en elle-même la totalité de la doctrine chrétienne, admettons au moins qu'elle en constitue la clé de voûte. De toute manière, elle n'est pas une formule subjective, voir incomplète.
Le principe qui veut que, suivant Saint Paul :
« Nous n'avons aucun pouvoir contre la vérité ;
nous n'en avons que pour la vérité ... »,
nous rappelle que si nous ne comprenons pas ceci ou cela, ça ne change rien à ceci et à cela. Mais nous nous devons à la vérité quand bien même nous n'en n'aurions aperçu nous-même, dans notre indignité, que l'ombre de l'ombre.
La transmission et le respect de cette demande du Christ : « Faites cela en mémoire de moi » se manifestent dans toutes les formes d'expressions "Inspirées" des Apôtres, des Pères, des Saints y compris les Maîtres iconographes que l'on a tant de mal à canoniser (nous pensons particulièrement à Théophane le Grec).
Nous savons que l'Icône dont on dit parfois n'être que l'expression destinée aux analphabètes comporte dans ses schémas et ses couleurs (y compris l'or) l'aspect sensible dont l'oeil permet au coeur de faire pressentir la Vérité, silencieusement et intuitivement ; le regard (la vue) en est le messager officiant et l'expression symbolique.
 
De la même manière, l'ouïe et le son participent de l'office ; le choeur, la psalmodie inspirée des officiants, les cloches, etc, en forment l'expression sensible.
L'encens par l'odorat, les Saints dons par le goût.
Le toucher ayant pour "fonction" la Transmission, la Continuité, la Régularité ; la main en est en quelque sorte le symbole le plus significatif, mais aussi le « baiser fraternel » qu'on retrouve dans la vénération des Icônes.
 
Ainsi tous les sens participant au rituel sacré, l'être se tend vers l'Incompréhensible, l'Inaccessible au point d'y éveiller la conscience, y aspirer l'âme, l'intellect pur et tout ce que Dieu a cru bon de créer à "son image". Car dans l'espace liturgique "animé" par le Rituel Sacré, le temps et l'espace se transfigurent. Soyons-en assuré !
L'Esprit Saint ne connaît pas le sommeil.
 
Cette mise en oeuvre de l'espace sacré n'est possible que par l'abandon du monde. Nous savons bien que c'est une folie que cette "folie en Christ" mais c'est Elle qui nous permet de ne pas composer avec les modes, la pensée convenue et "unique" de l'époque, la prétention de la science profane à fouiller comme un voleur les profondeurs de l'univers, à tout régenter et quantifier y compris une certaine croyance.
Nous affirmerons volontiers qu'il faut être fou, de nos jours, pour pratiquer sérieusement l'art sacré en refusant de le réduire à son aspect le plus "extérieur".
Certains pensent que : s'écarter de l'émotionnel conduit à la froideur d'une expression vide et désincarnée.
Nous devons rappeler à ceux-là la règle iconographique de l'impassibilité qui demeure le fondement même de la représentation orthodoxe. Impassibilité n'est insensibilité ... mais tout le contraire !
 
Les formes Traditionnelles* et en particulier pour nous, la nôtre ... nous "qui sommes au Christ " sont dépositaires de la Vérité.
Et nous "qui sommes au Christ" devons savoir que cette Vérité est exprimée de diverses manières dont la représentation iconographique (orthodoxe) sous ses formes multiples est la plus accessible à tous quels que soient les degrés de compréhension.
 
*Nous ferons une petite parenthèse de plus pour réaffirmer, puisque nous l'avons déjà fait ailleurs, qu'il nous paraît totalement inutile et dommageable de discréditer d'autres "religions" pour nous fortifier dans la nôtre.
Il nous semble que la spiritualité orthodoxe peut très bien donner des réponses spécifiquement chrétiennes à certaines absurdités contemporaines (réincarnation, inconscient, etc.). Les Pères de l'église sont toujours là, leurs réflexions font encore autorité.
 
L'iconographe, s'il suit la règle, n'invente rien qui ne soit connu dès l'origine mais il doit comprendre et approfondire son "art" non seulement pour lui-même mais pour son prochain. Il doit être responsable de ce qu'il fait et transmettre, car "rien ne doit rester caché sous le boisseau". Ce boisseau qui est, de fait, l'ignorance.
Aussi modeste soit notre compréhension (notre découverte), nous devons l'exposer quitte à nous mettre en danger.
 
L'architecture dans l'Icône
Nous avons, à maintes reprises souligné la nécessité de la rupture d'avec la vision ordinaire du monde. La non-perspective qui permet de bouleverser cette vision ordinaire en est un des principe. Seul, pour ce qui est de l'esthétique, l'équilibre et l'harmonie de la composition sont en jeu. Si l'on observe les lumières chez Théophane le grec on constate qu'elles sont sans rapport immédiat avec la nature de ce qui est représenté. Ainsi, les lumières des vêtements (détails 1 et 2) sont ceux d'une matière cristalline et non d'un tissu. Ce "renversement" (au sens de métanoïa) nous laisse penser qu'il doit en être de même pour l'architecture. Dans certains cas la "fluidité*" de l'architecture nous invite à pressentir qu'on est plus près d'un principe végétal, voire même animal, sans toutefois en exagérer le procédé. De la même manière les rochers et les végétaux semblent plus proche de la nature animal.
* ce terme est utilisé métaphoriquement pour suggérer le contraire d'une "solidification" ou "pétrification" des éléments architecturaux.
Sur l'Icône de Saint Georges (icône ci-dessous 3) on peut voir un bâtiment
dont la stucture fait plus penser à un animal, voir un insecte qu'à un édifice.
Ce bouleversement de l'appréhension optique nous invite à tendre vers notre propre "métanoïa" ; cette folie en Christ.
 
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Sur l'Icône de Joachim et Anne (la conception de la Vierge Marie) on peut observer en bas à droite un élément d'architecture "en croissance ou naissant". Le bulbe qui surmonte ce bâtiment fait penser à une église orthodoxe. L'architecture semble en adéquation avec le thème de l'Icône.
Le voile rouge qui joint deux bâtiments (auquel nous avons fait allusion à propos des portes royales) signifie, bien entendu l'intériorité.
 
La représentation iconographique de l'architecture est irréaliste et stylisée mais pas illogique. C'est la raison pour laquelle on peut la percevoir comme possible. Les ouvertures (sans porte ni fenêtre) trop étroites ouvrent sur des ténèbres. C'est même une règle. Le symbole de la "porte étroite" s'impose. Quant aux ténèbres, on sait bien qu'il est un des thèmes des plus importants.
En effet le prologue de Saint Jean évoque deux ténèbres : les ténèbres extérieures et les ténèbres spirituelles.
Si elles peuvent avoir la même apparences, le noir, elles s'opposent inexorablement.
En ce sens, de quel côté doit-on se situer ?
À l'intérieur des bâtiments ou à l'extérieur.
La réponse pourrait être : ni l'un ni l'autre ...
Comme nous l'avons déjà dit, il doit y avoir simultanéité de l'intérieur et de l'extérieur.
Cependant, dans l'église et dans notre foi, ne balançons-nous pas entre l'extérieur et l'intérieur ? Ce balancement n'est-il pas signifié par la branche inférieure de la croix orthodoxe ?
 
 
Pour en revenir aux ténèbres spirituelles, nous ferons observer que le principe iconographique qui consiste à aller des ténèbres vers la lumière nous indique le sens d'une représentation occidentale qui intrigue depuis longtemps : la Vierge Noire.
Aussi surprenant qu'il puisse paraître, nous autres, iconographes, ne représentons que des Vierges Noires.
Cette Vierge qui a mis au monde la Lumière qui luit dans les ténèbres.
 
 
 
Il suffit d'assister à une liturgie dans un monastère orthodoxe pour comprendre toute l'importance de l'affirmation de cette Lumière qui luit dans les ténèbres. Le visage des moniales et des moines qui s'illumine à la lueur des cierges témoigne du sens spirituel de la "non-couleur" de leurs vêtements. Ainsi la voie monastique insiste sur la nécessité de développer en soi ces ténèbres spirituelles desquelles va naître la Lumière des Lumières.
 
Exemples de motis répétitifs
 
On doit également s'intéresser aux ornements qui figurent sur de nombreux bâtiments.
Ces ornements qui paraissent secondaires nous donnent aussi, avec une grande et nécessaire discrétion, des indications symboliques importantes.
Tous les motifs répétitifs sont en rapports avec la répétition de "motifs" de prière.
Quand certains nous réaffirment l'importance de la prière perpétuelle : la prière de Jésus et la prière du coeur,
d'autres nous invitent à nous rappeler l'unicité de Dieu.
 
Voici quelques indications qui, nous l'espérons, encouragerons l'apprenti iconographe à méditer sur les gestes qu'il pose et le regard qu'il devra s'imposer afin de découvrir Ce qu'il doit découvrir par lui-même, si Dieu le veut.
 
Ainsi il pourra "réaliser" cette prière :
"Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche proclamera ta louange".
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