Préambule Je précise que j'ai fait parvenir cette page à M. Larchet lui-même et à son adresse privée... Comme je le signale ailleurs, à présent, le silence règne ! Il semblerait bien qu'après avoir publié cette censure/règlement de compte (qui n'ose pas dire son nom) sur orthodoxie.com, les initiateurs de cette malhonnêteté (intellectuelle) soient, à présent, beaucoup moins pressés de me répondre (par écrit) dans la mesure où je rends compte intégralement de ces courriers rares et prudents et mes réponses... (note du vendredi 6 février 2009)
Après nous être informé sur le terme de recension, il apparaît qu'il s'agit d'une simple présentation pour recensement, en quelque sorte. Lorsqu'on a affaire à une critique particulière et signée, il doit être signifié : recension "critique". On comprend bien qu'il y a là l'expression d'un point de vue qui n'engage que son auteur, toutefois cautionné par le média qui le publie. Ou bien, s'il n'est pas cautionné par les responsables du support, ceux-ci prennent, alors, toutes les précautions qui s'imposent. Ce n'est pas le cas ici. Orthodoxie.com pourrait peut-être y réfléchir, avant de donner des explications pour le moins... sibyllines...
Le terme de recension semble bien être, très souvent, utilisé de façon suffisamment vague pour permettre des écarts, aux intentions biens particulières.
Si je fais cette mise au point, c'est que la médiatisation rapide de certains points de vue passent allégrement par dessus les droits les plus élémentaires de chacun à espérer obtenir un droit de réponse lorsqu'il s'estime floué. Ce grand bazar ouvre, naturellement, un boulevard à certaines outrances. Pour ce qui concerne le point de vue qui nous est opposé ici, il est évident que la mouvance, tant du côté catholique que maintenant côté orthodoxe, qui veut imposer l'idée que de se référer à certains auteurs et tout particulièrement à René Guénon, est un aveux d'hérésie et comme telle doit être sanctionnée par l'excommunication, s'affirme là avec une belle marge de suffisance. Ce point de vue n'est pas nouveau, j'ai eu droit moi-même, il y a longtemps et de vive voix, à des remarques/sentences qui ne laissaient aucun doute sur la damnation éternelle. Je me dispense de nommer l'orthodoxe en question, il se reconnaîtra lui-même et de plus, c'est quelqu'un que j'estime. Comprenne qui peut ! De toute manière, la disqualification est immédiate et totale. (la "recension" reproduite plus loin en est l'exemple caricatural)
Curieusement, on peut se permettre de se compromettre - je ne parle pas de curiosités intellectuelles légitimes - dans des lectures contemporaines telles que certains "philosophes" ou "psychanalystes", les citer abondamment, s'en inspirer et faire siennes leurs propositions... ... là, ça ne fait sourciller personne, c'est de l'érudition savante, éblouissante*, "épatante" (c'est pour rire ! Je ne sais pas pourquoi, ce mot m'a toujours fait rire)... Étrange, tout de même ! *Par parenthèse, les "oeuvres" de certains érudits, ne sont bien souvent, que des compilations et citations, ce qui ne relève pas d'une grande profondeur et d'une vraie réflexion... Mais, ça fait suffisamment illusion. D'où la citation de Marius aux Patriciens romains par Léonard de Vinci : "Ceux qui se font honneur du travail des autres me conteste le fruit de mon propre labeur". J'ai cru comprendre que certaines critiques qui étaient faites à M. Larchet allaient dans le sens de ces dernières remarques... Grâce à Dieu, il n'est pas guénonien...
Et c'est, par ce que je viens de dire, qu'il n'est pas bien compliqué de percevoir les intentions diffamatoires, à peine voilées sous les sentences polissées, mais implacables, je cite M. Larchet : "l'auteur se présente lui-même comme un représentant de la Tradition, mais il entend cette notion dans le sens éronné où l'entend René Guénon et non dans le sens que lui donne l'Église Orthodoxe, et c'est en faisant un certain nombre de confusions qu'il aborde les domaines de la théologie, de la cosmologie et de la spiritualité. Le ton adopté par l'auteur est, comme son maître, souvent prétentieux (une impression qui nous a été confirmé par plusieurs lecteurs).
Comme je ne peux imaginer un seul instant que mon savant détracteur n'ait soigneusement pesé ses mots, je me dispense de lui accorder la moindre excuse de légèreté.
Encore une fois, il faut savoir que sous la plume de ces prosélytes de "l'inconscient", voire de "l'inconscient spirituel", le bûcher n'est pas loin ! "Nous" le savons très bien ! Relire avec attention les mots soulignés en gras qui tombent comme autant de disqualifications. Ne pas percevoir la diffamation (pour ne pas ajouter, condamnation, dénigrement, mépris : "comme son maître", etc...) sous ces propos habillés aussi discrètement que des juges de la cour suprême, c'est vraiment "faire l'autruche".
Si toute la suite de cette critique gratuite - qui suinte l'inconscient de l'âme généreuse - de mon ouvrage, n'était entachée de libertés malhonnêtes intellectuellement, qu'on a le droit, sans doute, de se permettre à l'égard d'un hérétique, je conseillerais à l'auteur d'aller prendre des vacances chez... les Dogons, par exemple. Pauvres Dogons... Non ! ce n'est pas une bonne idée !
Je résume : "on" publie un propos très orienté (vers le bas), sous-entendant : "Il faut accepter la critique... c'est bon pour l'humilité... et puis, nous sommes de bons chrétiens, tous frères en Christ, il ne faut surtout pas entretenir de polémique entre nous ! Ce n'est pas bien ! "Peace and love", "cool", "zen". Bravo ! Belle démonstration... Dernière minute : on me dit qu'après mes demandes de droit de réponse, on a apporté quelques rectifications à cette "critique". Tiens ! Comme c'est curieux ! Comme c'est étrange (citation : la cantatrice chauve, Ionesco) ! Serait-ce le début d'un aveu ??? Qu'on se rassure, après vérification, il faut être vraiment très fort pour découvrir une trace de rectification.
De toute façon ! On m'a bien fait savoir qu'un droit de réponse m'était refusé* ! On est chez nous ! Non Mais ! Le problème est règlé. Point. * j'ai bien aimé la suite des raisons du refus : "quand à mettre un lien vers votre site, (mon droit de réponse, ci-dessous) nous y avons songé favorablement, puis renoncé au vu de ce que vous écrivez sur Jean-Claude Larchet (sic)". Lien vers les échanges de courriers. Ouf ! on a eu chaud ! Ce que l'on dit sur mon labeur et sur moi-même, c'est sûrement normal et sans conséquence ! Donc ! j'assume pleinement ce droit de réponse que je m'octroie tout seul, dans mon désert, sans en retirer la moindre virgule (même si elles sont placées, là où il ne faut pas !).
Enfin ! Et au fait ! Sans vouloir me faire de compliment... à moi-même... tout seul ! Je ferais remarquer que chaque fois qu'on me fait une "critique" je me contrains d'avoir l'honnêteté de recopier intégralement le texte de mes détracteurs, avant même d'y répondre, afin que chacun puisse se faire sa propre opinion. Et croyez-moi, ça me fait souffrir... Mais non ! C'est encore pour rire ! Pour détendre l'atmosphère...
Voici la dite "Recension" (qui ne se veut donc pas "critique" selon les critères éditoriaux sus-mentionnés) :
Alain Dufour(c)q, «L’art de l’icône. Une discipline spirituelle et une technique immuable», auto-édité par l’auteur, Les Janins, 2007, 158 p.
Dans ce beau livre, Alain Dufourq, qui est iconographe dans le Loiret, présente la technique de l’icône, d’une manière très pédagogique et à l’aide de nombreuses photographies en couleur d’excellente qualité. L’ouvrage comporte des reproductions d’un certain nombre d’icônes peintes par l’auteur, généralement d’assez belle facture (les icônes de saint Martin de Tours et de Nil de la Sora sont particulièrement réussies) malgré des défauts manifestes au niveau de certains visages. La mise en page, réalisée par l’auteur témoignne de ses qualités comme ancien graphiste professionnel et formateur en PAO. L’ouvrage appelle cependant d’importantes réserves en ce qui concerne les commentaires théoriques qui accompagnent, précèdent et suivent les exposés techniques.
Ces introductions, commentaires et développements annexes n’ont en effet que peu de rapport avec la tradition iconologique de l’Église orthodoxe et s’en écartent même nettement sur un certain nombre de points. L’auteur s’y inspire en grande partie de la pensée de René Guénon et d’auteurs qui le suivent (Jean Hani, Titus Burckardt, A. K. Coomaraswamy...), qui occupent une place de choix dans la bibliographie, aux côtés de... Gershom Scholem ou Muhyi-din-Ibn’Arabi. L’auteur se présente lui-même comme un représentant de la Tradition, mais il entend cette notion dans le sens erroné où l’entend Guénon et non dans le sens que lui donne l’Église orthodoxe, et c’est en faisant un certain nombre de confusions qu’il aborde les domaines de la théologie, de la cosmologie et de la spiritualité. Le ton adopté par l’auteur est, comme celui de son maître, souvent prétentieux (une impression qui nous a été confirmée par plusieurs lecteurs). Ses explications du symbolisme sont fréquemment fantaisistes (voir par exemple le chapitre sur «la symbolique des couleurs»), et il témoigne, dans le chapitre intitulé «De la non-perspective en iconographie», d’une certaine incompréhension de ce qu’est la perspective dans l’icône. La présence, à la fin du volume d’une icône de l’abbé Pierre réalisée par lui montre que sa compréhension du statut ecclésiologique de l’icône est aussi douteuse que sa compréhension de ses fondements théologiques. En résumé, on évitera avec profit toute la partie théorique, mais on pourra en revanche tirer quelques renseignements intéressants de la partie purement technique, tout en déplorant que l’auteur y expose sa propre technique plutôt que de présenter à chaque étape les différentes techniques possibles, comme le fait René Léaustic dans son manuel intitulé «Écrire une icône. Initiations aux techniques» dont nous avons rendu compte ici-même. Ce choix est regrettable en ce qu’il ne laisse pas d’alternative dans certaines phases assez délicates (comme la dorure). On peut aussi regretter que les explications de l’auteur manquent parfois de précision (en ce qui concerne par exemple la proportion des ingrédients utilisés dans certains mélanges). Jean-Claude Larchet
Note : Il faut avoir une certaine dose de mauvaise "foi", pimentée légèrement de cynisme, pour m'écrire comme le fait P.J. d'orthodoxie.com : "En ce qui concerne l'ouvrage, nous notons que Jean-Claude Larchet a aussi mis en évidence des aspects de votre travail dont il fait l'éloge" ... !!! Soit ce P.J. est parfaitement d'accord avec M. Larchet, soit il me prend pour un idiot. Ou, peut-être bien... les deux à la fois....
Réponse
Jean-Claude Larchet, qui se présente lui-même (il n'y a pas que moi) comme ‘‘Docteur en théologie et Docteur en philosophie’’ - et auquel on doit, entre autre, sa consternante découverte d’un ‘‘double inconscient spirituel’’: un inconscient "théophile" et l'autre, "déifuge", et allez donc ! (1) - la nouvelle théologie (1'), inspirée de la psychanalyse, sans doute !) - nous a fait l’honneur d’un billet qui se range parmi ces envolées, qualifiées en ces termes par Léonard de Vinci (j’ai la prétentieuse audace de la faire mienne) :
(1) on croit rêver ! à quand une icône de Freud, Jung... ou... Larchet ? «... Je sais bien que je ne suis pas un lettré et que des présomptueux se croient le droit de me blâmer de ne pas disserter en savant théologien ! Je peux leur répondre comme Marius aux patriciens romains. « Ceux qui se font honneur du travail des autres me contestent le fruit de mon propre labeur ». Ils diront que n’étant pas un lettré de profession, je ne dois point exposer de théorie. Ils ignorent que ce qui m’occupe relève de l’expérience et non de l’élocution. S’ils me dédaignent, moi qui suis un créateur, je leur dirais qu’ils ne sont que des récitateurs de l’antiquité».
(1') On pourrait, tout de même et... sans aller plus loin, se demander si ce Monsieur est le plus qualifié pour se poser en censeur ou recenseur, si l'on préfère, dans le cadre qui nous intéresse. Et aussi ! dans le cas où il s'avérerait que le concept d'inconscient (voir notre propos) comme celui d'inconscients spirituels seraient inclus dans la thèologie la plus orthodoxe, qu'on le fasse savoir très clairement, parce que dans ce cas, je ne me reconnais plus dans cette orthodoxie-là. Je ne suis pas disposé à demander, dans mes prières, des "intercessions psychiques". Et je pose la question très sérieusement à qui veut bien l'entendre ??? Dans l'attente d'une réponse... avant que je sois rappelé à l'Orient éternel...
Sans faire l’impasse sur les réserves qui sont les nôtres (2) au sujet de l’art ‘‘dit religieux’’ de la Renaissance, ce propos exprime, on ne peut mieux, ce qui est à l’origine de l’ignorance du principe même d’une discipline sacrée. (2) le nous, M. Larchet, signifie l’anonymat de l’iconographe que vous-mêmes, éminents théologiens, nous assénez avec hauteur, quand ce n’est l’idéal ‘‘anargyre’’ de notre discipline... Que ne les appliquez-vous à vous-mêmes... (M. Larchet s’est fait offrir ‘‘notre’’ ouvrage... par... moi-même !)
Du reste, il est assez curieux d’observer que les objections assassines qui ‘‘nous’’ sont faites ne sont jamais étayées et pour cause. Pour exemple, la remarque inqualifiable sur la ‘‘perspective dans l’iconographie’’ ou ''non-perspective'' atteste d'une totale ignorance de cet auteur de ce que constituent certains procédés graphiques qui ne sont d’ailleurs pas exclusifs à l’iconographie. Evidemment, pour l’admettre, encore faudrait-il avoir une formation sérieuse en la matière, plutôt que de se draper d’un grand ‘‘flou mystique’’ qui ne tient que devant un auditoire béat. Et je n’évoquerai pas la symbolique des couleurs qui fait horreur... ... ça sent le bûcher !
Mais pour commencer, puisque M. Larchet veut absolument laisser penser que mon maître, auquel il fait allusion, ne serait autre que René Guénon (le masque est tombé, la sentence aussi !), je rappelle une fois de plus, cette observation que je fais, dans mon livre, à propos de René Guénon :
‘‘Note pour information : Lorsque je me permets de citer cet auteur, je le fais avec conscience de ne participer d’aucune manière au guénonisme. René Guénon n’a jamais autorisé qui que ce soit à créer des mouvements spiritualisant autour de sa personne et son œuvre. Il n’a cependant pas interdit de rappeler certaines de ses observations (sinon il n’aurait rien publié) qui demeurent d’une étonnante actualité. Il serait sans aucun doute judicieux de faire une lecture plus sage de cette œuvre fondamentale, débarrassée des ''ismes idolâtres'' (3) qui entourent souvent son nom, ce qu’il souhaitait lui-même...’’ (3) j’aurais pu rajouter : ou des haines viscérales... c’est beau l’amour du prochain !
Il est certain, en tout cas - et je comprends parfaitement les grincements de dents de l’auteur de ‘‘l’inconscient spirituel’’ - que de chercher à discréditer, à plus forte raison de nos jours, cet auteur et les autres mentionnés (4) (on aurait pu y rajouter Maître Eckhart), ne relève pas d’une immense générosité intellectuelle, mais bien plutôt d’un souci de voiler à coup sûr, une certaine réalité contemporaine, dont on ne peut malheureusement que constater le prétentieux misérabilisme destructeur. (4) le choix quelque peu sélectif des auteurs mentionnés semble lui avoir fait oublier tous les autres. Merci pour eux ! (voir le deuxième post-scriptum)
Je me dispenserai d’entrer dans le détail des critiques (cocasses) iconographiques que me fait ce monsieur. Il a tout compris ! Jusqu'aux proportions des ingrédients ??? Je renvoie, toutefois, le lecteur sérieux à la réponse - qu’il me soit permis de ne pas répéter sans cesse la même chose - que j’avais fait parvenir à l’iconographe M.R H. (http://perso.orange.fr/alain.dufourcq/réponse.html).
Mais... pour y faire allusion tout de même, (que voulez-vous ! ça me démange !) je dirais simplement que ne suis pas surpris qu’il soit élogieux à l’égard de l’ouvrage de René Léaustic. Je m'étais interdit, jusqu'à présent, de faire part de mon opinion sur cette publication. Mais comme M. Larchet trouve très habile de mettre en parallèle les deux ouvrages, je dirais ceci : je ne suis pas le seul (iconographe) à penser que cet ouvrage constitue la somme de ce que l’on ne doit pas faire. Je passerais sous silence les harmonies de couleurs affligeantes, un dessin et une technique d’étudiant de première année ; tout cela masqué par une avalanche de détails redondants et inutiles. Sans parler de certaines affirmations qui vont, évidemment, dans le même sens que notre censeur. Et là, pour le coup, l'amour est aveugle, il n'a pas vu les défauts manifestes au niveau des visages. Je suis bien désolé d'avoir à m'exprimer sur ce sujet, je ne le souhaitais pas, d'autant que je suis bien conscient (j'en sais quelque chose) de la somme de travail que cet ouvrage a représenté.
Quant à la critique qui consiste à déplorer que "l'auteur y expose sa propre technique plutôt que de présenter à chaque étape les différentes techniques possibles". On voit bien que ce monsieur se range dans la catégorie des intellectuels bavards, capables de discourir sans fin sur ce dont ils n'ont aucune expérience. Je l'ai précisé dans cet ouvrage : il n'était pas question d'exposer toutes les techniques (pour des raisons de simple logique) et dont certaines sont abandonnées depuis longtemps. Je laisse ce monsieur à ses bavardages de "conférencier" professionnel.
En tous cas, je l'affirme haut et fort ! Qu’il soit bien certain que le ‘‘loisir créatif mystique’’ - pas plus que "l'art thérapie"- n’entre dans notre ‘‘perspective’’ iconographique. Et si l’on est incapable, dans l’orthodoxie, de s’en rendre compte, alors, je reçois comme autant de compliments, les critiques qui me sont faites...
M. Larchet pense sans doute être un expert en iconographie. Ses critiques implacables à mon encontre me bouleversent... Je m’incline jusqu’à terre... me couvre de cendres... Mon ‘‘inconscient spirituel’’ se recroqueville...
J’ai le souvenir de l’iconographe Georges Morosof. Cet homme bon et respectueux, avait juste souri en abordant, avec moi, la question des ‘‘experts’’ (théologiens) en iconographie... mon maître aussi... euh ! pas René Guénon, l'autre !
Alors ! Alors ! L’Abbé Pierre ! Je souris à mon tour. Je cite M.Larchet : ‘‘La présence, à la fin du volume d’une icône de l’abbé Pierre réalisée par lui montre que sa compréhension du statut ecclésiologique de l’icône est aussi douteuse que sa compréhension de ses fondements théologiques’’.
Je ne doute pas un seul instant que l’Icône de la Sainte Famille Romanoff (pour ne prendre que ce cas) crée moins de souci écclésiologique à notre docteur en théologie (et en philosophie, excusez !), que celle de l’Abbé Pierre.
Je suis iconographe, dans mon temps, et je suis très fier d’avoir rendu un vrai et spirituel hommage à cet Abbé, pour toutes les mêmes raisons qui font qu’il impose ce respect unanime (pour éviter d’évoquer la vénération), qui visiblement, échappent à l’aune des ‘‘pharisiens’’et des ‘‘publicains’’... Le rappel de l’exigence chrétienne dérange, à n’en pas douter, certains bavardages littéraires (voire théologiques) inépuisables, mais, ô, combien, indigestes... pour les pauvres d'aujourd'hui. Je confesse aussi, qu'il est hors de question, pour moi, d'aborder la théologie, je l'ai pourtant bien précisé dans mon livre. Les remarques sur ce sujet sont donc sans objet. Si cet aveux peut paraître étrange, je n'ai aucunement à m'en justifier. "Aime ton prochain comme toi-même", si on l'examine sérieusement et de très près, suffit à nourrir la curiosité et l'intelligence du coeur, toute une vie durant... ... en revanche, néanmoins et toutefois, je combattrais toujours les détournements misérables du mot ‘‘Icône’’(entre autres) qui semblent, pour le coup, ne gêner personne...
Quand à mes possibles ‘‘compréhensions douteuses’’, je renvoie Jean-Claude Larchet à sa propre compréhension et responsabilité des ‘‘deux inconscients spirituels’’, bien plus dévastateurs que la ‘‘représentation’’ d’un ‘‘non canonisé’’. Je préfère 100 fois, que dis-je, 1000 fois, assumer ce "crime" de lèse-majesté, que de traîner toute une vie, comme un boulet, la production d'un ouvrage tel que celui évoqué avec obstination, qui ne peut que plonger l'être dans un lancinant et inconscient désespoir, scellé dans le plomb.
Si cette représentation de l'Abbé Pierre en incommode certains, les témoignages précieux qui me sont parvenus me confirment la dignité discrète de ce noble disciple d'Emmaüs. Et ce monde a un besoin urgent de ce type de témoignage... au regard de certaines "tiédeurs" !
Ce que ne pourra jamais comprendre le docteur en théologie et docteur en philosophie, c’est que notre ‘‘Folie en Christ’’, nous autres iconographes, nous autorise ce que ne pourra jamais s’autoriser ‘‘le docteur’s’’... Surtout quand il se sent l’obligation, à la suite d’un cortège majestueux, de prononcer ‘‘écrire l’icône’’ en le savourant comme une gourmandise, pour bien ‘‘scotcher’’ l’ignorant. Bientôt ! affirmer que l'on peint une Icône va devenir un blasphème... Nous autres ‘‘icono(graphes)’’, nous nous contentons de notre folle ‘‘expérimentation’’, cette intimité inaliénable et incompréhensible, sans cesse renouvelée, avec Notre Seigneur. Et nous en sommes... jaloux ! Grâce à Dieu !
Conclusion
Il suffirait de recopier la totalité de l’article de M. Larchet s’il fallait relever tous les termes employés pour exprimer son profond mépris, à peine déguisé sous de faux compliments, à l’égard de certaines de mes réflexions, de ma ‘‘fonction’’ et de mon labeur. Chacun se discrédite comme il peut... et je ne fais pas exception ! Notre théologien conforte son opinion par : ‘‘Le ton adopté par l’auteur est, comme celui de son maître, souvent prétentieux (une impression qui nous a été confirmée par plusieurs lecteurs)’’. Comme l’anonymat et le silence de ceux-ci (...) semblent du meilleur goût, je me dispenserais de faire allusion à ceux et non des moindres, qui m’ont encouragé (chiche ! on les compte ?), ainsi que des remerciements que je reçois pour m’être soigneusement écarté d’une lénifiante et médiocre ambiance.
En tous cas ! En tous cas... je n’ai sûrement pas la prétention d’être un ‘‘représentant de la Tradition’’, mais celle de me situer dans une voie iconographique Traditionnelle, que cela plaise ou déplaise. Le terme de ‘‘Tradition’’ troublerait-il l’inconscient spirituel de ce monsieur au point de lui faire lire ce qui n’est pas écrit ?
Je le répète volontairement ! Je sais, et depuis longtemps, que ‘‘certains’’, même dans l’orthodoxie, rêvent que soient excommuniés les lecteurs de ‘‘certains’’ auteurs... dont je n'ose même plus prononcer les noms, un en particulier... René Guénon. Oh ! Pardon ! - Le recenseur, en aparté, l'allumette à la main : "Aïe ! Bon ! "ON" lui pardonne pour cette fois ! il est encore convalescent... mais il faudra le surveiller de près ! "
Et bien ! je me permets, M. le docteur Larchet, de vous dire, moi, Alain Dufourcq (ne m'appelez pas "maître"), petit iconographe* orthodoxe ‘‘très, très, TRES prétentieux’’, en son désert, que ce comportement est... affreusement... triste...triste...triste !
* que veut dire, sous la plume du docteur, cette expression : ancien graphiste professionnel ? Je ne suis pas encore retraité, que je sache. Il y a des subtilités qui trouvent leurs limites assez rapidement à la lueur des "intentions"... ... et je pense à ce staretz (du film, l’Ile de Pavel Lounguine) qui imitait la poule pour parvenir à guérir une malade...
Donc ! pour finir, je me retourne et me grime... pour imiter ... tiens !... le coq ! Cocoricooooo ! Non ! Vraiment, je ne suis pas sérieux... et pourtant... je fais des efforts !
Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !
Eh ! Eh ! Eh ! Oh ! J'oubliais !
Notre bon théologien conclut sa recension du livre de René Léaustic par ceci : "car l’icône veut être, avec ses moyens propres, une expression véridique de la foi orthodoxe et de la vie spirituelle. L’iconographe orthodoxe peint* en jeûnant et en priant, après s’être confessé et avoir communié".
* tiens, "écrire" a disparu ! La théologie orthodoxe étant (normalement) aussi une expression véridique de la foi orthodoxe, j'ose espérer que le théologien Larchet s'applique à lui-même ces dernières exigences.
Oups ! Qu'ai-je dit là... Mais enfin ! Monsieur l'iconographe... comme vous y allez ! Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Non ! Mais !
Premier Post-criptum
Il serait certainement souhaitable que l'expérience des iconographes sérieux, parmi lesquels j'ai l'outrecuidance de me compter, ne laissent pas la place à ces ''intellectuels'' qui n'ont de cesse de compliquer ce qui est simple et réduire à leur convenance ce qui l'est moins.
Discourir sur l'art équestre est à la portée de n'importe qui, avec le risque des approximations inévitables de l'ignorance. En acquérir soi-même et convenablement la ''maîtrise'' l'est beaucoup moins et nécessite une expérience et une pratique effective. Il en va de même pour toute discipline. La véritable transmission (Tradition) passe par la "maîtrise"...
Euh ! Pourriez-vous, M. Larchet, me laisser examiner les Icônes que vous avez réalisé... ? Je vous promets toute mon indulgence !
Second Post-scriptum
Comble de la mauvaise foi, si j’ose dire, M. Larchet passe singulièrement sous silence la courte bibliographie que j’ai signalé dans mon ouvrage, pour n’en souligner que ce qui le dérange ou l’arrange, c'est selon ! Je la recopie intégralement ci-dessous, pour mémoire, ainsi que la note importante qui la suit. Il est vrai que Jean-Claude Larchet n’y figure pas... Désolé ! En fin de compte, le but de cette ’’critique’’, ne serait-il pas de me faire passer pour un dangereux ’’ésotériste’’?
Père Georges Drobot, Icône de la Nativité, Spiritualité Orientale n°15. Léonid Ouspensky, La théologie de l'Icône dans l'église Orthodoxe, éditions de l'Exarchat Patriarcal Russe en Europe Occidentale, 1966. Eugène Troubetzkoï, Trois études sur l'Icône, YMCA-Press/O.E.I.L. Maître Eckhart, Les Traités, éditions du Seuil, 1971. Titus Burckhardt, Principes et Méthodes de l'Art Sacré, Dervy, 1976. Saint Jean Damascène, La défense des Icônes, Institut Saint-Denys, 1966. Jean Hani, les métiers de Dieu, Trédaniel éditeur. Guide des Icônes : Ikonenmalerhandbuch, der familie Strogavov, Slavisches Insitut München, 1983. Léonard de Vinci, La dernière Leçon à son académie de Milan, Péladan, éditions Sansot, 1910 Petite Philocalie De La Prière Du Coeur, traduction, Jean Gouillard, édition du Seuil Père Boris Bobrinskoy, Bref aperçu de la querelle des images, Revue Contact. Le Synaxaire, éditions To Perivoli tis Panaghias, Tessalonique, 1996. Daniel Rousseau, L'Icône, la splendeur de ton visage, éditions Saint Paul. Paul Evdokimov, l'art de l'Icône, 1972. Gershom Scholem, Le nom et les symboles de Dieu dans la mystique juive, éditions du Cerf. Muhyi-d-din-Ibn'Arabi, La sagesse des Prophètes, Albin Michel, 1974. René Guénon, Le règne de la quantité et le signe des temps, Gallimard, 1945. Ananda K. Coomaraswamy, Indouisme et Bouddhisme, Gallimard, 1967.
Cette bibliographie ne concerne que les ouvrages cités dans ce Traité. Il n'est pas mentionné l'ancien et nouveau Testament ; il va de soi qu'ils constituent la base même de nos méditations. Pour ce qui est des ouvrages qui ne sont pas spécifiquement chrétiens, ils demeurent des écrits fondamentaux qui laissent penser que nous pouvons tous nous enrichir mutuellement*, à la condition d'écarter sans la moindre hésitation, le "soupçon de l'ombre" du syncrétisme.
*j'aurais pu rajouter : "plutôt que de nous entre-tuer au prétexte que nous sommes, chacun, les seuls à avoir raison..."
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